Des ballons de basketball dégonflés.
Des filets usés.
Des objets abandonnés dans les rues de New York.
Pour la plupart des gens, ce sont des déchets.
Pour Tyrrell Winston, ce sont des œuvres d’art qui attendent d’exister.
Depuis plusieurs années, l’artiste américain construit son univers autour d’une idée assez simple : récupérer ce que les autres ont laissé derrière eux et lui donner une nouvelle signification.
Ses installations composées de centaines de ballons de basketball usagés sont devenues particulièrement reconnaissables.
Chaque ballon porte les traces de son histoire.
Des terrains sur lesquels il a rebondi.
Des mains qui l’ont utilisé.
Du temps qui l’a progressivement transformé.
Une philosophie qui explique probablement pourquoi les marques de sneakers s’intéressent autant à son travail.
Pendant plusieurs années, Winston a développé cette approche aux côtés de Reebok, notamment autour de silhouettes classiques du catalogue de la marque.
Mais en 2026, l’artiste change d’équipementier.
Direction adidas.
En mars, il inaugure cette nouvelle relation avec une Lightblaze POD conçue comme une toile blanche, destinée à évoluer avec le temps et les marques d’usure.
Une chaussure qui ne devait pas nécessairement rester parfaite.
Quelques mois plus tard, Winston poursuit l’expérience avec une silhouette beaucoup moins connue.
La adidas Spiritain 2000.
Malgré son nom, il ne s’agit pas d’une véritable chaussure d’archive des années 2000.
C’est une création contemporaine qui emprunte les codes du running de cette époque : mesh apparent, superpositions techniques et lignes complexes.
Une sorte de souvenir d’une chaussure qui n’a jamais réellement existé.
Et c’est précisément ce qui rend le choix intéressant.
Là où beaucoup de collaborations cherchent à remettre en lumière une silhouette historique, Winston préfère travailler sur une chaussure dont l’histoire reste encore à écrire.
Sa version associe un mesh rouge intense à des empiècements crème, accompagnés de détails dorés.
Certaines finitions semblent volontairement patinées, presque vieillies.
Comme si la chaussure avait déjà commencé à vivre avant même de quitter sa boîte.
Une esthétique cohérente avec le travail d’un artiste qui considère les traces du temps comme une qualité plutôt que comme un défaut.
Cette Spiritain 2000 marque également une nouvelle étape dans son partenariat avec adidas.
Après la Lightblaze POD, Winston développe désormais une capsule plus complète, comprenant également une collection de vêtements.
La Tyrrell Winston x adidas Spiritain 2000 (KJ7676) est attendue le 22 octobre 2026, avec un prix affiché autour de 150 € chez certains revendeurs européens.
Mais au fond, ce projet raconte surtout une manière différente d’envisager la sneaker.
Dans une industrie où l’on cherche souvent à conserver ses chaussures dans un état irréprochable, Winston défend presque l’idée inverse.
Une paire doit être portée.
Vieillir.
Accumuler des souvenirs.
Et finir par raconter quelque chose de personnel.
La plupart des collectionneurs veulent préserver leurs sneakers du temps.
Tyrrell Winston préfère laisser le temps faire son travail.


