Avec la “Songkran”, Nike SB avait déjà posé un cadre fort : une sneaker construite autour de la culture thaïlandaise, entre artisanat, nourriture et célébration. Cette version Friends & Family ne change pas cette base — elle la déforme, l’intensifie, la rend plus expressive.
Ici, tout est plus contrasté.
La structure reste familière, mais les choix de couleurs prennent une autre direction. Le beige naturel, inspiré des paniers en bambou, est toujours présent, mais il est désormais confronté à des touches beaucoup plus vives : vert texturé, magenta, bleu brillant. La paire gagne en tension visuelle, presque comme si elle passait d’un registre narratif à une lecture plus instinctive.
Ce changement ne casse pas le storytelling — il le pousse ailleurs.
Les textures tressées restent centrales, rappelant l’artisanat local et les contenants traditionnels liés au riz gluant. Les détails continuent d’ancrer la paire dans son contexte culturel, avec la fleur de lotus au talon et l’inscription “Ascend” sur la languette, qui introduit une dimension plus interne, liée à la communauté AAPI chez Nike.
Mais ce qui définit vraiment cette version, c’est son statut.
Elle n’est pas pensée pour être vue partout. Ni pour être produite en volume.
C’est une paire qui existe en marge, distribuée uniquement à un cercle restreint.
Et c’est précisément ce qui lui donne une autre lecture.
Là où la version retail doit trouver un équilibre entre narration et accessibilité, cette édition F&F peut se permettre d’aller plus loin — dans les couleurs, dans les textures, dans l’attitude. Elle devient une sorte de version “non éditée” du projet initial.
Au final, cette “Songkran” ne remplace pas la première.
Elle la complète.
Comme deux versions d’une même idée :
l’une pensée pour être portée,
l’autre pour exister presque en secret.






